• Parce que je t’aime

    by  • February 22, 2015 • * Safe for Work *, To You • 0 Comments

    ça fait mal au fond. On dit rien, on le garde ce secret, parce que c’est tout ce qu’il nous reste. Une voix merveilleuse qui nous fait pleurer. On rêverait de la rencontrer. Un besoin de s’exprimer. Un besoin de chanter. Parce que cette voix en moi, c’est pas un hobby. C’est un besoin vital, un désir de vivre, de panser les plaies, de recouvrir des années de déception et de blessures. Un besoin de célébrer la beauté des moments magiques, des rencontres inoubliables, d’un coeur qui bat à fond et qui fond complètement. Un besoin de te dire merci pour ton sourire. Un besoin de lui dire merde pour son abandon. Un besoin de la remercier pour ses mots qui font du bien. Un besoin de vous dire que je vous aime, que sans vous, rien n’est plus pareil. Que je vous aime mille fois, un million de fois, un milliard de fois, que c’est trop fort, que ça fait boum dans mon petit coeur. Que ça explose de souvenirs merveilleux et de larmes amères. Un besoin de dire merde à tout ça, à ce parcours qui n’est pas moi. A ces études qui ne me ressemblent pas. J’ai besoin de chanter, j’ai envie de chanter, c’est ce que j’aime, c’est ce que je suis, c’est ce qui me définit. Je suis ma voix, je suis une voix. Une voix pour raconter à quel point tu m’as fait mal, comment j’ai pu tomber amoureuse de toi en une fraction de secondes. Comment je me suis attachée à ton regard, à ta main sur ma main, à tes mots qui rassurent, à toi qui m’a reconstruite pour mieux m’achever. Comme tu es parti un jour, un matin, tu allais manquer ton train. Ton train pour Shanghai. Tu as dit aux autres de s’en aller, que tu les rejoindrais, tu es venu vers moi, tu m’as pris les mains et tu m’as dit « Oublie moi, mais moi, je ne t’oublierai jamais ». Comme je te déteste pour ces mots. Pour m’avoir dit tout ce que j’attendais et que personne ne m’avait dit auparavant. Tu es parti laissant derrière toi un goût d’inachevé. Et puis il a fallu t’oublier. Impossible. Un besoin de chanter ton souvenir pour mieux te laisser à elle, à cette suédoise. A ses cheveux blonds, à ses yeux bleus, à ce négatif de mon visage. Deux ans déjà. Vous avez l’air heureux. Je me fous de ce que les gens disent. Je ne fais confiance à personne. Mon esprit se bloque. Mais je tombe amoureuse sur des coups de tête. Des coups de coeur. Mon coeur s’ouvre complètement, entièrement, sans retour. Les coups, je les prends en dedans. En pleine face, en plein coeur, en plein souvenir. Chanter, comme un cri dans le noir, un appel à l’aide, un besoin intérieur de trouver la lumière. Un besoin d’oublier ma solitude. Et puis te voilà. Toi avec ton regard rieur. Ton sourire en coin, ton humour scandaleux et tes cheveux blonds rebels. Je brûle en dedans pour toi. Toi qui est tout ce qui ne colle pas avec mon type d’homme. Toi le grand, l’immense gamin de 2m10, le sale gosse qui arrive à me faire rire malgré moi alors que j’essaye de dissimuler ma douleur. Toi qui ne prend rien au sérieux, l’étudiant en médecine fêtard que je retrouve tous les soirs en peignoir trop court passé minuit sur le canapé du salon parce que tu ne peux pas dormir. Toi avec qui je regarde des films en danois en pleine nuit pour trouver le sommeil. Toi dont le dernier souvenir est le creux de tes bras, devant les rangées de vélos en pleine rue devant Magasin, ma tête contre ton torse, mes larmes brûlantes sur ta chemise. Parce que tes bras, c’est l’endroit où je me suis sentie le mieux depuis bien longtemps. Toi qui me serrait dans tes bras en me disant que ce n’était pas grave de pleurer. Et lui qui s’est joint à nous, cet ami complètement con et parfait à la fois, comme toi, comme nous. Lui qui nous a entouré de ses bras en criant « câlin sandwich! », nous décrochant à tous les deux un sourire dans ma peine. Et d’un coup, ça m’est tombé dessus comme une dalle de béton, ça m’a écrasé de son évidence. Tout ça, toi, ton sourire, les frissons que ça me fiche, le bonheur qui brûle en moi quand j’entends ta voix dans le couloir à ton retour de l’étranger. C’est pas normal. C’est pas ça un ami. ça doit pas être comme ça. Toi qui me fait rire tout le temps, bêtement, pour un rien, même à des centaines de kilomètres juste à imaginer comment tu aurais réagi. Toi dont je suis terriblement fière et qui me désole à la fois par ton comportement enfantin. Toi dont je n’arrête pas de parler à tout le monde malgré moi jusqu’à saouler mes copines. Toi si imparfait à qui je ne changerais jamais rien. Toi qui sans le savoir me comprend mieux que personne. Toi que je pense ne pas mériter. Toi dont l’amitié est unique, précieuse, immense à ton image. Toi que je laisse malgré moi à l’autre. Même si quelque chose se brise tout au fond quand je te vois l’embrasser. Et je souris quand tu te tournes vers moi, je fais la bonne copine, la coloc. Enchantée, moi, c’est Cécile. C’est un plaisir de te rencontrer. Je lui serre la main. Je sais qu’elle te vole à moi mais je ne désire que ton bonheur au prix du mien. Un bonheur que je ne saurai jamais te donner. Toi, l’antonyme de mon être. Toi, mon rayon de soleil inattendu. Toi qui ignore tout. Chanter, chanter pour panser les blessures, pour oublier les amours déçus, la solitude pesante, les trahisons, chanter pour se sentir vivre, pour dire « je suis là, ne m’oubliez pas, moi qui vous aime immensément, qui ne vous oublierai jamais ». Au fond, je le sais. J’ai peur. Très peur. J’ai peur que vous m’oubliez un jour. Peur de l’abandon. De cette abandon qui me suit partout. History keeps repeating. Vous céder à d’autres filles par peur de vous perdre, c’est presque devenu un rituel. C’est ridicule. Story of my life. Alors oui, je m’en fous de ce que les gens disent. Parce qu’au final, c’est à moi que ça fait mal. Chanter pour revivre, chanter pour oublier, pour recréer l’histoire. Chanter. Un hobby que j’oublierai, qui me passera, comme vous dites? Si vous saviez à quel point vous avez tort, le chant, c’est ma vie. C’est ce que je suis. C’est un rêve de petite fille, d’ado, d’adulte, c’est un rêve et une passion de tous les jours, c’est moi, tout simplement, c’est ce que je suis. Le comprendrez-vous un jour? J’aurais jamais dû partir. Ma place était auprès d’eux. Mais c’est la vie. Mon pays me rappelle à lui toujours, à la réalité. Tu fais du commerce. Commerce. Pas du chant. Un filet de sécurité, vous disiez? Une cage dorée pour mieux m’enfermer dans un destin déjà tracé, oui. Y’en a qui rêverait d’être à ma place. Don’t get me wrong, je ne troquerais rien au monde pour ces échanges à l’étranger, ces moments magiques qui m’ont permis de croiser votre route. C’est vous qui avez fait de moi ce que je suis. Sans vous, je ne suis rien, sans vous je ne suis pas moi-même. Mais vous connaître a un prix. Celui de ne jamais vous revoir. Je vous aime tellement. C’est terriblement injuste. Quelques mois de bonheur pour des années de douleur. J’en peux plus, vous comprenez? J’en peux plus. Je craque.

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